Shanghai

 

Lorsque des Occidentaux repèrent la mention « old city » sur la carte d’une ville, ils s’imaginent y découvrir des quartiers, des bâtiments ou des monuments évidemment entretenus, voire restaurés, qui témoignent glorieusement du passé de la ville. A Shanghai, si lassé par la modernité fulgurante, mais sans cachet chinois de la ville nouvelle, le touriste occidental se rend là où sa carte indique la vieille ville, il en sera pour ses frais. Ici, ce qu’on y appelle la vieille ville, ce n’est pas tant le quartier le plus vieux de la ville que le plus décrépit. « Vieille ville » ici veut tout simplement dire : résidu d’un passé révolu et sans gloire pour la Chine, poches urbaines en attente de rejoindre la modernité de la ville à la verticale. Et de fait, la « vieille ville » n’est constituée que de quartiers résidentiels malcommodes, sans confort, très souvent insalubres, parfois proches de la ruine. Déplorer, comme on le fait si souvent en Occident, que les Chinois les rasent petit à petit pour y construire des immeubles, cela revient ni plus ni moins à souhaiter que leurs habitants persistent à vivre dans des conditions qu’aucun occidental n’accepterait pour lui-même.

Pour s’en persuader, il suffit de s’y promener et de voir comment tant bien que mal des hommes et des femmes de tous âges y vivent, comment dans ces quartiers en sursis on y mène des existences crépusculaires.

NB : toutes les images de cette série n’ont fait l’objet d’aucune manipulation numérique.

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